Si vous saviez ce que ces tristes soirs d'hivers ont suscités,
Tout ces froids matins au chevet des pierres de vos yeux,
Dont la douceur chimérique ne consolidait que votre pitié,
Qui vivait hélas dans votre pseudo-bonheur bien heureux...
Si vous saviez ce que vos mensonges bas et stupides,
Ont pu faire de mon existence si fragile et pathétique,
Ce que de lendemain sans jour, vos âmes si cupides,
On détruit sans remord les voiles de ma vie famélique...
Si vous saviez combien de ces larmes ont pu couler,
Sur le revers de ma peau sans aucune pâle couleur,
Où se piquèrent deux bien sombres ailes déchirées,
Dans le tendre de ma chair, y laissant une douleur...
Si vous saviez tout ce que ces sourires si faux ont pu cacher,
Seulement un rideau d'hypocrisie sur une mer de désespoir,
Et le seul et unique phare éclairant brièvement la nuit, fut rayé,
Barrant violemment l'horizon de cette encre incolore si noire...
Si vous saviez ce vers quoi mes pensées étaient sans cesse tournées,
Dans ce flot infâme de haine envers moi-même qui jamais ne se tarit,
Je m'y suis tant de fois perdue, sans que personne ne m'y est retrouvé,
Que la flamme ardente de la destruction, vient à me sourire aujourd'hui...
Si vous saviez combien de fois j'ai pu espérer ma mort,
Pour mettre fin à ma pitoyable lâcheté et me mentir enfin,
Chercher la liberté dans ces tombeaux où rien ne vit encore,
S'éloignant sans cesse de leurs identiques et fades chemins...
Si vous saviez combien de blessantes remarques ont pu glisser,
Sur mes épaules déjà si faibles et douées de si peu de courage,
Celles qui fusaient de leurs bouches gangréneuses asphyxiées,
Coinçant lentement mes doigts dans l'un de leurs engrenage...
Si vous saviez combien votre pitié ne fit qu'empirer mes maux,
Que votre minable présence continuelle m'insupporte totalement,
Que j'aimerais m'envoler d'ici éternellement pour un renouveau,
Qui chassera enfin ce qui me détruit de jour en jour rapidement...
.Shadow of Apocalypse.
Les sans visages leveront leurs yeux aveugles vers le ciel,
Alors que ce dernier se tâchera du sang de leurs ennemis,
À la lueur vacillante de la flamme de leur regard immortel,
La plainte cruelle de leur souffle d'acier glissera vers l'infini...
Et dans les méandres de leur frêle existence abîmée,
Où les réponses ne brûleront que leurs doigts déjà morts,
Se dressera le drapeau d'une lente renaissance oubliée,
Par les tombeaux de leurs esprits et de leurs si faibles corps...
Sans la pleine lune pour éclairer leurs pas rampants sur le sol,
Qui s'imbibent alors du poison lent et acide de la peur stupide,
Inalant le reflet écarlate penchant sur les flammes de l'envol,
Où l'or ne brille que dans la gorge tranchée de l'homme cupide...
Le fleuvre pourpre de leurs ignorances ingrâtes aux relents,
Qui s'épendent sur la peau inanimée de ces sombres Enfers,
D'où trébuche la honte d'un jour sans haine qui se pourfend,
Sur les terres supurantes dont la violence naît de ses vicères...
Demain ne sera que les cris de pardon trop faibles encore,
Leurs mains tendues, implorantes, vers les étoiles effacées,
Où l'Espoir ne siegera qu'au fond de leurs coeurs si forts,
Qui finiront par s'éteindre sous les ponts maudis écroulés...
.Shadow of Apocalypse.